Maïdan – Note d’intention 1 (mars 2018)

« Une femme experte en Neurosciences, la professeur Ackerman ,a inventé un « dispositif », mobilisant son et lumière, sorte de mécanique à explorer le temps passé, afin de ranimer, encoder, stocker les paysages mémoire de Natalia, actrice, aujourd’hui survivante de « l’ancien monde »…qui précédait Maïdan…

Maïdan, ce lieu mythique de Kiev, où eut lieu l’insurrection du peuple d’Ukraine, bataille qui lui permit d’arracher son indépendance à l’hégémonie de l’empire russe…

Ce soulèvement populaire (2014) fut réprimé dans le sang par les forces armées russes.

Depuis ce jour-là tous sont devenus amnésiques sauf quelques rares personnes comme Natalia
Le professeur Ackerman opératrice, aide Natalia, à se remémorer son périple passé…voyage épique…errance, dérive…exil… périple mouvementé qui mène Natalia de l’enfance…l’école à…la guerre…à…une danse du déséquilibre…à cette période où elle a servi l’idéologie-utopie incarnée par « l’homo sovieticus »…à la solitude…

Grâce au dispositif conçu par le professeur Ackerman, Natalia découvre comment exorciser certains moments tragiques de sa vie passée…

Ceci dit, le mystère de cette femme reste entier…Elle, qui semble fuir ou résister à un monde glaciaire, où règne une logique ultra rationnelle réduisant à peau de chagrin la part d’humanité de chacun…qui est-elle vraiment ? est-elle exilée, réfugiée ?

Elle reste hantée par un chant populaire russe « aide-moi à traverser Maïdan » qui évoque l’histoire d’un vieil homme aveugle…s’adressant à son fils et lui demandant de l’aider à traverser Maïdan…

Pour Natalia ce chant allégorique « aide-moi à traverser Maïdan »,fait signe de son besoin à elle, de rencontrer quelqu’un en qui elle puisse avoir confiance, quelqu’un qui l’aide à…« tenir »…

qui l’aide à ne pas basculer de l’autre côté…dans l’espace irrémédiable de la « folie »…
Ce quelqu’un, c’est cette femme-inventeur, la professeur Ackerman, qui semble l’écouter…l’honorer, elle, Natalia, qui se sait être si singulière, déchirée, bégayant une langue étrangère à la langue commune…Peu à peu, à force d’écoute effective, de patience réciproque, la confiance grandit entre ces deux femmes, Natalia, actrice et Ackerman chercheuse…inventeront ensemble une manière de traverser Maïdan, manière d’aider l’autre…à ne pas…tomber, à ne pas (trop !) se perdre…à ne pas « décrocher » totalement du monde réel…à revenir sur terre, les deux pieds sur terre, à… s’en sortir par le haut… »

2018-07-03T14:31:45+00:00